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Éducation sexuelle

Infections sexuellement transmissibles (IST) : vue d'ensemble

Infections sexuellement transmissibles (IST ou MST) : pourquoi le nom a changé, les plus fréquentes, transmission, prévention, dépistage et quand consulter.

✓ Relu par l'équipe éditoriale · Mis à jour le

Les infections sexuellement transmissibles (IST), autrefois appelées maladies sexuellement transmissibles (MST), sont des infections dues à des bactéries, des virus ou des parasites qui se transmettent surtout lors des rapports sexuels vaginaux, anaux ou bucco-génitaux. Elles sont très fréquentes, souvent sans symptômes, et presque toutes peuvent être prévenues, dépistées et traitées.

IST ou MST : pourquoi le nom a changé

On parle aujourd'hui d'IST. Beaucoup de ces infections ne donnent ni symptômes ni maladie visible, mais elles se transmettent quand même. Le mot « infection » est plus juste : il rappelle qu'on peut avoir une IST et la transmettre sans le savoir. C'est le terme employé par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) et Santé publique France. « MST » apparaît encore dans les recherches et les textes anciens, avec le même sens.

Combien de personnes sont touchées ?

Selon l'OMS, plus d'un million d'IST guérissables sont contractées chaque jour dans le monde chez les 15-49 ans. En 2020, on a compté environ 374 millions de nouveaux cas de chlamydia, gonorrhée, syphilis ou trichomonase. En Europe, l'ECDC a recensé des chiffres records en 2024 : 213 443 cas de chlamydia, 106 331 de gonorrhée (303 % de plus qu'en 2015) et 45 577 de syphilis.

À retenir : la plupart des IST ne donnent aucun symptôme. Se sentir bien ne veut pas dire ne pas être infecté : c'est pourquoi le dépistage compte.

Les IST les plus fréquentes

L'OMS identifie huit micro-organismes à l'origine de la plupart des IST. Quatre se guérissent avec un traitement :

  • Chlamydia : l'IST bactérienne la plus déclarée en Europe.
  • Gonorrhée : préoccupante en raison de la résistance croissante aux antibiotiques.
  • Syphilis : en hausse ; elle peut passer au bébé pendant la grossesse.
  • Trichomonase : due à un parasite ; l'IST guérissable la plus courante au monde.

Les quatre autres sont virales. Elles ne se guérissent pas, mais il existe un traitement ou un vaccin :

  • VIH : sous traitement, les personnes vivant avec le VIH peuvent vivre longtemps en bonne santé et, avec une charge virale indétectable, ne le transmettent pas lors des rapports sexuels.
  • Papillomavirus humain (HPV) : très courant ; certains types donnent des verrues, d'autres un cancer du col de l'utérus.
  • Herpès génital : environ 520 millions de personnes de 15 à 49 ans portent le virus qui le cause le plus souvent.
  • Hépatite B : un vaccin très efficace la prévient.

La candidose vaginale est souvent prise pour une IST, mais elle n'en est pas une : elle est due à un champignon présent normalement dans le corps.

Comment elles se transmettent

Par contact avec les sécrétions génitales, le sang, la peau ou les muqueuses lors de rapports vaginaux, anaux ou bucco-génitaux, et en partageant des sextoys sans les laver ni les couvrir. Certaines, comme la syphilis, le VIH ou l'hépatite B, passent aussi par le sang ou de la mère à l'enfant. Elles ne se transmettent pas par les câlins, les bises, les toilettes ou les piscines.

Prévention

  • Le préservatif, externe ou interne, du début à la fin. Selon l'OMS, c'est l'un des moyens les plus efficaces, même s'il protège moins des infections qui donnent des lésions hors de la zone couverte, comme l'herpès ou la syphilis. Évitez les erreurs fréquentes avec le préservatif.
  • Les vaccins contre le HPV et l'hépatite B.
  • La prévention du VIH par médicaments : la PrEP (avant l'exposition) et le TPE (après, dans les 72 heures) s'obtiennent auprès des services de santé.
  • Le dépistage et le traitement du ou des partenaires pour éviter de se réinfecter.

Dépistage : quand le faire ?

Les tests sont simples (urine, prise de sang ou auto-prélèvement) et confidentiels. Les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies américains (CDC) recommandent par exemple un test VIH au moins une fois entre 13 et 64 ans, et un test annuel de chlamydia et de gonorrhée pour les femmes sexuellement actives de moins de 25 ans. Faites-vous aussi dépister en cas de nouveau partenaire, si votre partenaire a une IST ou si vous avez des symptômes. Voir à quelle fréquence se faire dépister.

Signes qui doivent faire consulter

Consultez votre médecin, une sage-femme ou un centre de dépistage (CeGIDD) en cas de pertes ou d'écoulement inhabituels, de brûlures en urinant, de plaies, verrues ou boutons sur les organes génitaux ou l'anus, de douleurs dans le bas-ventre, ou de saignements entre les règles ou après un rapport. Ne vous soignez pas seul et évitez les rapports jusqu'au diagnostic.

À retenir : avoir une IST ne dit rien de la valeur d'une personne. Ce sont des infections courantes : l'essentiel est de prévenir, de se faire dépister et de se soigner sans honte.

Sources

  1. OMS. Sexually transmitted infections (STIs). Nota descriptiva, 2025. www.who.int
  2. ECDC. Bacterial STIs reach record highs in Europe, as congenital syphilis cases nearly double. 2026. www.ecdc.europa.eu
  3. CDC. Getting tested for STIs. 2026. www.cdc.gov
  4. OMS. HIV and AIDS. Nota descriptiva, 2026. www.who.int

Contenu éducatif : il ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé.

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