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Santé sexuelle

HPV (papillomavirus) : ce que c'est, verrues, dépistage et vaccin

Le HPV est très fréquent et disparaît souvent seul. Symptômes, verrues génitales, transmission, dépistage du cancer du col et vaccin. Sans alarmisme.

✓ Relu par l'équipe éditoriale · Mis à jour le

Le HPV (papillomavirus humain) est l'infection sexuellement transmissible la plus fréquente : presque toutes les personnes ayant une vie sexuelle le rencontreront un jour. Aucun médicament n'élimine le virus, mais il disparaît le plus souvent tout seul, et ce qu'il peut provoquer (verrues génitales, lésions pouvant évoluer vers un cancer) se soigne et se prévient en grande partie grâce au vaccin et au dépistage.

Qu'est-ce que le HPV ?

Le HPV n'est pas un seul virus, mais une famille de plus de 200 types. La plupart ne posent aucun problème. On distingue deux groupes :

  • Les types à bas risque peuvent provoquer des verrues génitales (condylomes). Ils ne causent pas de cancer.
  • Les types à haut risque, si l'infection persiste des années, peuvent entraîner des modifications des cellules qui, sans surveillance, évoluent vers un cancer. Surtout du col de l'utérus, mais aussi de l'anus, de la gorge, du pénis, de la vulve et du vagin.

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le système immunitaire élimine l'infection chez 90 % des personnes, généralement en un ou deux ans. Le HPV reste pourtant à l'origine de presque tous les cancers du col de l'utérus : environ 660 000 nouveaux cas dans le monde en 2022. Le cancer met en général 15 à 20 ans à se développer, ce qui laisse largement le temps de repérer et de traiter les lésions.

Symptômes

La grande majorité des infections ne donnent aucun symptôme. C'est pourquoi la plupart des gens ne savent jamais qu'ils l'ont eu.

  • Les types à bas risque peuvent donner des verrues génitales : petites excroissances de la peau, plates ou en relief, parfois groupées, sur les organes génitaux ou autour de l'anus. Elles sont en général indolores. Elles peuvent apparaître des semaines, des mois, voire des années après le contact.
  • Les types à haut risque ne donnent pas de symptômes pendant qu'ils modifient les cellules. Seul le dépistage permet de les repérer.

Comment il se transmet

Le HPV se transmet par contact peau à peau des zones génitales, lors de rapports vaginaux, anaux ou oraux, ou de caresses génitales. Pas besoin de pénétration ni d'éjaculation. Il se transmet même sans symptômes.

Comme il peut rester silencieux pendant des années, impossible de savoir quand ni de qui on l'a contracté. Un résultat HPV ne signifie pas que votre partenaire actuel vous a été infidèle.

Le HPV génital ne se transmet pas en partageant un verre, une serviette ou les toilettes, ni à la piscine.

À retenir : Avoir le HPV est extrêmement courant et ne dit rien de votre hygiène ni de votre nombre de partenaires. L'essentiel : se faire vacciner et participer au dépistage.

Tests et dépistage

Il n'existe pas de test général pour savoir si l'on « a le HPV ». Les hommes ne sont pas dépistés en routine, et il n'y a pas de test courant pour la bouche ou la gorge. Ce qui existe, c'est le dépistage du cancer du col de l'utérus, qui recherche le HPV à haut risque ou des modifications des cellules avant qu'elles ne posent problème. En France, le programme national prévoit :

  • De 25 à 29 ans : un examen cytologique (frottis), deux fois à un an d'intervalle, puis tous les 3 ans si les résultats sont normaux.
  • De 30 à 65 ans : un test HPV, à renouveler tous les 5 ans s'il est négatif.

Le prélèvement est rapide : une petite brosse recueille des cellules du col. Il peut être un peu désagréable, mais ne devrait pas faire mal ; si c'est le cas, dites-le. Les verrues génitales se diagnostiquent par un simple examen. Pour les autres IST, voyez à quelle fréquence se faire dépister.

Traitement

Il n'existe pas de traitement contre le virus lui-même, et le plus souvent il n'en faut pas. On traite ses effets :

  • Les verrues génitales se soignent avec des crèmes prescrites par un médecin ou s'enlèvent au cabinet, par exemple par le froid (cryothérapie). Elles peuvent revenir. Mieux vaut éviter les rapports jusqu'à leur disparition.
  • Les lésions du col repérées au dépistage sont surveillées ou retirées par un geste simple, avec de très bons résultats.

Avoir le HPV n'oblige pas à arrêter les rapports. Le préservatif réduit le risque de transmission.

HPV et grossesse

Le HPV n'affecte généralement ni la grossesse ni le bébé. Les verrues peuvent grossir un peu pendant la grossesse. Si votre dépistage tombe à ce moment-là, il peut être fait pendant la grossesse. Le vaccin, lui, n'est pas administré pendant la grossesse. Pour en savoir plus, consultez notre guide grossesse et post-partum.

Prévention : vaccin, dépistage et préservatif

  • Le vaccin est sûr et très efficace contre les types responsables de la plupart des cancers et des verrues liés au HPV. Il est plus efficace avant le début de la vie sexuelle. L'OMS le recommande dès 9 ans ; en France, il est recommandé aux filles et aux garçons de 11 à 14 ans, avec un rattrapage possible jusqu'à 19 ans (et jusqu'à 26 ans pour les hommes ayant des relations avec des hommes). Adulte, demandez à votre médecin s'il vous concerne.
  • Le dépistage : même vaccinée, continuez à vous faire dépister.
  • Le préservatif réduit le risque mais ne protège pas totalement, car le virus peut se trouver sur une peau qu'il ne couvre pas. Revoyez les erreurs fréquentes avec le préservatif.

À retenir : Grâce au vaccin et au dépistage, le cancer du col de l'utérus est l'un des cancers les plus faciles à prévenir.

Quand consulter ?

Prenez rendez-vous si vous remarquez des petites grosseurs ou des verrues sur les organes génitaux ou l'anus, si c'est le moment de votre dépistage ou si vous avez reçu une invitation, ou en cas de saignements après les rapports ou entre les règles. Consultez aussi si vous souhaitez vous faire vacciner ou si un résultat vous inquiète. Un test HPV positif n'est pas un diagnostic de cancer : il signifie qu'un suivi est nécessaire.

Sources

  1. OMS / WHO. Human papillomavirus and cancer (fact sheet). 2024. www.who.int
  2. CDC. About Genital HPV Infection. 2024. cdc.gov
  3. Ministerio de Sanidad. Cribado de cáncer de cérvix: información general. 2025. www.sanidad.gob.es
  4. UK Health Security Agency / GOV.UK. Cervical screening: programme overview. 2025. www.gov.uk
  5. Santé publique France. Dépistage du cancer du col de l'utérus : le test HPV recommandé chez les femmes de plus de 30 ans. 2020. www.santepubliquefrance.fr
  6. Santé.fr (ministère de la Santé). Vaccination contre les infections à virus HPV. 2025. sante.fr

Contenu éducatif : il ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé.

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