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Santé sexuelle

Gonorrhée : symptômes, transmission, dépistage et traitement

La gonorrhée est une IST bactérienne fréquente, souvent sans symptômes. Transmission, quand se faire dépister, traitement et enjeu de l'antibiorésistance.

✓ Relu par l'équipe éditoriale · Mis à jour le

La gonorrhée (ou blennorragie) est une infection sexuellement transmissible (IST) due à une bactérie. Elle se guérit avec des antibiotiques, le plus souvent en une seule injection, mais la bactérie résiste à de plus en plus de médicaments : il faut donc toujours la faire traiter par un professionnel de santé.

Elle est très fréquente. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) estime à 82,4 millions le nombre de nouvelles infections dans le monde en 2020 chez les adultes de 15 à 49 ans. En Europe, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) a recensé 106 331 cas en 2024, soit 303 % de plus qu'en 2015. Toute personne ayant une vie sexuelle peut l'attraper, quels que soient son sexe ou son orientation.

De quoi s'agit-il ?

Elle est causée par la bactérie Neisseria gonorrhoeae, aussi appelée gonocoque. Elle vit sur les muqueuses humides : l'urètre, le col de l'utérus, le rectum, la gorge et parfois les yeux. Elle survit mal hors du corps.

Symptômes et délai d'apparition

Selon l'OMS, quand il y a des symptômes, ils apparaissent en général entre 1 et 14 jours après le contact, parfois plus tard. Beaucoup de personnes ne remarquent rien, surtout les femmes et en cas d'infection de la gorge. Les symptômes les plus fréquents sont :

  • Des brûlures ou une douleur en urinant.
  • Un écoulement par le pénis, ou des pertes vaginales jaunâtres ou verdâtres.
  • Une douleur dans le bas du ventre et, plus rarement, des saignements entre les règles.
  • Une douleur ou un gonflement des testicules.
  • Une douleur, des démangeaisons ou un écoulement anal, si le rectum est touché.
  • Un mal de gorge, ou des yeux rouges, douloureux et avec du pus.

L'absence de symptômes ne veut pas dire que l'infection est bénigne : elle se transmet quand même et peut entraîner des complications.

À retenir : Avoir une gonorrhée ne dit rien de l'hygiène ni de la valeur d'une personne. C'est une infection courante, et consulter est un geste responsable.

Comment elle se transmet, et comment elle ne se transmet pas

Elle se transmet lors de rapports vaginaux, anaux ou bucco-génitaux sans préservatif avec une personne infectée, même si celle-ci n'a aucun symptôme. Elle peut aussi passer par des sextoys partagés sans être lavés ni recouverts d'un préservatif neuf. Se toucher les yeux avec des doigts souillés de sécrétions peut l'amener jusqu'aux yeux. Pendant l'accouchement, elle peut passer au bébé.

Elle ne se transmet pas par les câlins, les serviettes, les verres, la lunette des toilettes ou la piscine, car le gonocoque survit mal hors du corps. Si vous avez des rapports anaux, nos conseils sur le sexe anal en sécurité peuvent vous être utiles.

Le dépistage : quand et comment

Le test est simple. Il peut s'agir d'un prélèvement d'urine ou d'un écouvillon dans l'urètre, le vagin, le rectum ou la gorge, selon les pratiques sexuelles. On peut parfois faire le prélèvement soi-même.

Après une prise de risque, l'infection peut mettre jusqu'à deux semaines à être détectable. Si vous faites le test plus tôt, on pourra vous proposer de le refaire. En cas de symptômes, consultez tout de suite. Comme la gonorrhée est souvent associée à d'autres IST, on dépiste en général aussi la chlamydia, le VIH et la syphilis. Si vous avez de nouveaux partenaires, faites-vous dépister au moins une fois par an : voir à quelle fréquence se faire dépister des IST.

Traitement et résistance aux antibiotiques

La gonorrhée se guérit avec des antibiotiques. L'OMS et les CDC recommandent aujourd'hui, en premier choix, une seule injection d'un antibiotique de la famille des céphalosporines. Certains pays y ajoutent un second antibiotique en comprimés. Le traitement est parfois donné avant les résultats.

  • Quand reprendre les rapports : l'OMS et les CDC conseillent d'attendre 7 jours après le traitement, et que vos partenaires aient aussi été traités.
  • Test de contrôle : on demande souvent un nouveau test une à deux semaines plus tard, surtout si l'infection touchait la gorge.
  • Nouveau test à trois mois : les CDC le recommandent, car les réinfections sont fréquentes.

La résistance aux antibiotiques est un problème croissant. L'OMS avertit que la gonorrhée pourrait devenir très difficile à soigner. C'est pourquoi il ne faut jamais s'automédiquer ni prendre des antibiotiques restants : ils risquent d'être inefficaces et favorisent la résistance.

Complications sans traitement

Sans traitement, l'infection peut remonter vers l'utérus et les trompes et provoquer une infection génitale haute (maladie inflammatoire pelvienne), avec des douleurs et un risque de grossesse extra-utérine et d'infertilité. Chez l'homme, elle peut enflammer les testicules ou la prostate, rétrécir l'urètre et parfois affecter la fertilité. Dans les yeux, elle peut causer une conjonctivite sévère. Rarement, elle passe dans le sang et atteint la peau et les articulations. Elle augmente aussi le risque de contracter le VIH.

Gonorrhée et grossesse

Pendant la grossesse, elle peut augmenter le risque d'accouchement prématuré et de faible poids de naissance. À l'accouchement, elle peut atteindre les yeux du bébé et, sans traitement, entraîner une cécité. C'est pourquoi on recommande de la dépister et de la traiter avant la naissance. De nombreuses maternités appliquent aussi une pommade antibiotique dans les yeux du nouveau-né.

Prévention

  • Utilisez un préservatif pour les rapports vaginaux et anaux, et un préservatif ou une digue dentaire pour le sexe oral. Bien utilisé et à chaque fois, il évite la plupart des contaminations.
  • Ne partagez pas vos sextoys ou, si vous le faites, lavez-les et couvrez-les d'un préservatif neuf.
  • Faites-vous dépister régulièrement et prévenez vos partenaires récents en cas de diagnostic.
  • Il n'existe pas de vaccin spécifique. Le vaccin contre le méningocoque B offre une protection partielle, et au Royaume-Uni le NHS le propose déjà à certains hommes ayant des rapports avec des hommes et un risque élevé. Demandez à votre centre si c'est une option pour vous.

À retenir : Se faire traiter en même temps que ses partenaires récents évite les réinfections et rompt la chaîne de transmission.

Quand consulter ?

Prenez rendez-vous chez votre médecin, dans un centre de santé sexuelle ou dans un CeGIDD (centre gratuit d'information, de dépistage et de diagnostic) si vous avez des symptômes, si un ou une partenaire vous annonce une gonorrhée ou une autre IST, si vous avez eu un rapport sans préservatif avec un nouveau partenaire, ou si vous êtes enceinte. Consultez en urgence en cas d'yeux rouges ou de pus sur les cils, de fièvre, d'articulations douloureuses ou gonflées, ou d'éruption cutanée. La consultation est confidentielle, et le centre peut vous aider à prévenir vos partenaires sans donner votre nom.

Sources

  1. OMS (WHO). Gonorrhoea (Neisseria gonorrhoeae infection) – Fact sheet. 2025. www.who.int
  2. CDC. Gonococcal Infections Among Adolescents and Adults – STI Treatment Guidelines, 2021. www.cdc.gov
  3. NHS. Gonorrhoea. Consultado en 2026. www.nhs.uk
  4. ECDC. Bacterial STIs reach record highs in Europe, as congenital syphilis cases nearly double. 2026. www.ecdc.europa.eu
  5. NHS Hampshire and Isle of Wight Healthcare. Testing for STIs. Consultado en 2026. www.letstalkaboutit.nhs.uk

Contenu éducatif : il ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé.

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